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Nizorche
Doit-on garder le timbre oblitéré sur lettre ou puis-je le décoller ?
De la pertinence de garder tel ou tel timbre oblitéré sur lettre.
Une question m’est souvent posée, soit par mes adhérents, soit pas des amis, soit sur le forum fr.rec.philatelie, dois-je conserver tel ou tel timbre oblitéré sur lettre. Cet article est plus un avis personnel et je donnerai ma réponse à cette question en fonction de différents critères.
Tout est une question de goût. Il est évident qu’un timbre décollé tient beaucoup moins de place et est plus facile à ranger, c’est le côté philatéliste qui règne en chacun. Maintenant, il faut considéré au cas par cas. Il faut se poser des questions, interroger le document.
- Est-ce que je suis en face d’un (ou de plusieurs) timbre(s) anciens ? Dans ce cas mieux vaut le garder en l’état surtout si le timbre est un grand format, c’est pas courant. De plus il existait il y a quelques décennies des tarifs qui n’existent plus aujourd’hui, et qui étaient fort peu courant à l’époque (factures, imprimés, pneumatiques…).
- Dans le cas de timbres de la période moderne [1], nous devons porter notre attention encore une fois sur le timbre et son oblitération. Le timbre est-il correctement oblitéré ? L’oblitération est elle jolie ou grasse [2] ? Si l’oblitération est jolie, la lettre agréable, je recommande de la garder en l’état. Mais là, c’est encore une question de goût.
- Enfin, il faut bien se rappeler qu’un tarif illustre un poids, une destination et une époque, Les grands formats modernes se rencontrent assez peu sur le courrier courant (environ 2 lettre sur 100 du courrier d’une petite entreprise de services), et surtout lorsqu’ils sont d’un tarif différent que le tarif 1° échelon [3].
Ces questions sont les principales que l’on peut se poser lorsqu’on regarde une lettre pour savoir si on doit décoller ou non. Un autre facteur joue aussi ici, c’est le coup de cœur, une belle lettre avec une belle écriture, une (ou plusieurs) fausse direction, un courrier accidenté… Bien entendu, lorsque je regarde une lettre, toutes ces questions se bousculent sans ordre, mais c’est plutôt un ensemble qui fait que je conserve ou non un courrier ou si je décolle le timbre.
Je voudrais également évoquer ici le problème de l’utilisation d’un timbre en dehors de ses dates d’émission et de retrait. Je rappelle qu’un tarif est la résultante de plusieurs facteurs, et qu’un timbre est émis pour un usage précis. Le tarif étant amené à changer, le timbre n’a plus alors son usage auquel il était destiné et doit souvent être utilisé avec un complément d’affranchissement. Cet affranchissement, dit mixte, est en cohésion avec le tarif au moment où il a été déposé à la Poste, donc garde son intérêt postal, s’il est conservé sur lettre.
Sans faire de publicité, je ne saurais trop recommander l’utilisation du catalogue Dallay. Celui-ci indique l’usage postal de chaque timbre ainsi que de ses dates d’émission et de retrait. Un catalogue permettra également de connaître la cote d’un timbre sur lettre en France (utilisé pour son usage postal, entre les dates de ventes 1849 à 1945 pour Yvert et Tellier (2003), 1849 à 1959 pour Cérès (2001) et Dallay (2002)).
Bibliographie
Yvert et Tellier.- Timbres de France.- Tome 1, 107° éd. (2003).-Amiens, Yvert et Tellier, 2002.- 614 p., ISBN : 2-86814-127-7
Dallay.- Timbres de France.- 1° éd.- Paris, Dallay, 2001.- 576 p., ISBN : 2-9516-6890-2
LOEUILLET, Roger, LOEUILLET, Philippe (sous la dir. de).- Catalogue des timbres-poste de France.- 58° éd. (2000-2001).- Paris, Cérès Philatélie, 2000.- 504 p., ISBN : 2-905759-17-8
Pour plus de renseignements, contactez l’auteur, Nicolas IZORCHE
Nicolas IZORCHE
[1] En philatélie française, on distingue trois périodes successives : la période classique (1849-1900), la période semi-moderne (1900-1959) et la période moderne (de 1960 à nos jours). On n’a pas assez de recul pour dire que l’introduction de l’euro comme monnaie fiduciaire a permis la création d’une nouvelle période.
[2] lourde, écrasante, cachant de trop le sujet
[3] un tarif est fonction de la destination (France ou un autre pays), du poids de la lettre (1° échelon : jusqu’à 20 g, 2° échelon de 20g à 50g…), du service (prioritaire ou écopli) et du temps (le tarif actuel date de 1996).
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modifications : 2003-03-02 01:35:29
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