I.1 Caractéristiques :
Pour être collé sur un support quelconque, généralement papier, le timbre doit avoir à son verso une substance devant faire office d’interface entre les deux papiers. Cette substance, dénommé la gomme, est constituée dans la très grande majorité des cas de long polymère lié par une extrémité à la cellulose du timbre, et contenant des fonctions insaturées.
Cette fonction insaturée est à l’état anhydride sans propriété collante, sa légère solubilité en fait une colle rapide à la moindre présence d’eau car l’eau catalyse l’ouverture des insaturations de la gomme pour former un deuxième groupement ester. Cette fonction est donc celle de l’acide carboxylique.
Comme tous esters, ils dérivent de la réaction d’un acide carboxylique et d’une des fonctions alcooliques d’un ose telle la cellulose.
I.2 Le fléau des charnières :
Ancien moyen de fixer les timbres, la charnière a besoin d’un milieu humide pour s’y fixer. Autant sur un oblitéré cela ne provoque rien, autant sur un neuf, cela détruit une partie de la gomme laissant ainsi une marque indélébile au recto et par conséquent cela diminue la valeur du timbre d’autant plus que cette marque est un site propice au développement de la rouille.

I.3 Décollage :
Dans une collection garder tous les oblitérés sur lettre apporte un plus, si et seulement si ces enveloppes, ou autre support, apportent un usage postal particulier (recommandé, express, ...), un timbre correspondant à un tarif précis, une série ou un ensemble (thématique ou classique), une oblitération particulière. Dans la plupart des cas il faut mieux décoller le timbre, autrement tous les philatélistes seraient submergés par leurs enveloppes.
Pour décoller un timbre nous utiliserons le fait que la gomme se fixe aux papiers par des liaisons esters. Le décollage consiste à hydrolyser ces esters puis à solubiliser les acides carboxyliques libérés.
Partant d’un carbone d’hybridation électronique sp2, la réaction va par l’intermédiaire d’un carbone sp3, donner un autre sp2 :
le proton libérable d’un acide de type A-H se fixe sur l’oxygène du carbonyle pour former le carbocation
ce dernier électrophile attire l’eau nucléophile formant un oxonium
prototropie (déplacement du proton) puis coupure.
De ce mécanisme, on constate l’existence d’un catalyseur - initiateur, le proton d’un acide, donc le décollage des timbres doit se faire avec un pH de l’eau inférieure à sept. Pour l’acidifier, nous pouvons utiliser du vinaigre (pH 4) dont l’odeur se conservera plus ou moins longtemps sur le timbre, autant choisir un vinaigre odorant.
Mais certains timbres ont été produits avec des gommes odorantes, le choix d’une solution acide dont l’odeur est proche de l’originale, permet de la restaurer. Ainsi par exemple le numéro Yvert 1355 de France, les plages du Touquet, a sa gomme à la menthe, donc il est conseillé de le décollé avec un vinaigre de menthe (si l’eau > 7) ou un sirop de menthe (si l’eau < 7) fortement dilué.
I.4 Cas particulier des timbres autocollants :
Depuis peu quelques pays ont adopté pour leurs timbres une gomme autocollante de nature chimique très différente. Cette gomme contrairement aux gommes classiques, est insoluble dans l’eau, donc de nature hydrophobe comme l’encre utilisée pour l’impression. Or dans certains cas on observe que cette gomme est plus insoluble que l’encre elle-même. Pour décoller ce type de timbre, il faut se munir d’un solvant organique donc toxique. Certains collectionneurs ont testés différents solvants organiques disponibles sur le marché. Le résultat de ces expérimentations permit de déterminer le plus adéquat pour cette gomme récalcitrante : l’isohexane.
Un bain prolongé dans l’isohexane permet de supprimer la gomme sans abimer l’encre du moins dans le cas de timbres gravés. Dans le cas des timbres en héliogravure, l’encre a tendance a se dissoudre légèrement ce qui donne aux timbres des couleurs ternes et non vives. Afin de réduire l’incidence du solvant pour ces derniers, la suppression de la gomme peut se faire par l’utilisation d’un coton tige imbibé d’isohexane. Le recto du timbre est alors placé sur une surface en Téflon et le verso est délicatement nettoyer au coton tige.

Mais quel que soit la dose d’acétate d’éthyle utilisé, il est très difficile de dissoudre cette gomme sans abîmer l’encre. Ce solvant doit être manié avec une grande précaution dans un espace bien ventilé et sans oublier de refermer le bouchon du flacon. D’autant plus que ce solvant, comme la plupart des solvants de ce type, est cancérigène à très haute dose. Or il est peu soluble dans l’eau ou le sang donc sans danger tant que l’on utilise l’acétate d’éthyle pure dans les bonnes conditions.
Sommaire
I - La gomme et ses implications
II - La cellulose, constituant du papier
III - Fluorescence et Phosphorescence
IV - Radioactivité